Pourquoi sensibiliser à la fraude sur les packagings

Christophemorin/ juin 18, 2023/ Non classé/ 0 comments

Les tensions sur les matières premières n’épargnent pas les emballages. Le plastique et le carton ont connu depuis deux ans une flambée de leurs coûts.

« Il y a eu une remontée des réclamations suite à des variations dans la qualité des emballages. Ce qui se traduit par exemple par des barquettes qui se déforment plus vite que d’habitude, par une perte d’étanchéité, par des contenants qui peuvent varier jusqu’à 20 % en épaisseur ou en masse, car il n’y a pas le même taux de charge. Autre exemple, un changement de nature du PET mono d’une barquette qui conduit à une perte de la compatibilité avec le matériau de l’opercule », constate Christophe Morin, fondateur de Packagile. « On peut aussi avoir affaire à du faux et usage de faux dans les certificats d’alimentarité de fournisseurs. Dans ces différents cas, il s’agit de fraude sur le packaging car il y a eu un changement de matériau. Le risque sanitaire est immédiat car le metteur en marché n’a pas été prévenu. Souvent, cela est lié à une méconnaissance des services qualité et achats sur cette thématique », poursuit Olivier Rondouin, fondateur de Doceor.

Pour mieux sensibiliser les responsables achats, qualité et packaging, les deux experts ont co-créé une formation dédiée et intitulée « Construire un plan d’atténuation de la Food Fraud Packaging, comment s’y prendre ? ». « L’idée est de sensibiliser et d’aider à faire comprendre les motivations des fraudeurs, qui sont le plus souvent l’appât du gain », commente Christophe Morin.

Exiger le plus de preuves possibles

La formation a aussi vocation à donner des mesures correctives à mettre en place. « Ce qui passe par la réalisation de contrôles qualité à réception des emballages, encore trop peu nombreux, et l’augmentation de la fréquence des autocontrôles », indique l’expert. Elle remet l’accent sur les exigences des référentiels packaging BRCGS et IFS. « L’analyse food fraud de ces référentiels est un bon outil, à condition qu’elle soit réalisée en profondeur. Ce qui n’est pas toujours le cas », souligne Olivier Rondouin. Ce qui implique d’exiger le maximum de preuves possibles. « Dans le cas de matières premières issues du mass balance par exemple, il est impératif de sélectionner un fournisseur certifié ISSC+ pour assurer la traçabilité sur la chaîne de valeur », conclut Christophe Morin. Un mot d’ordre en somme : revoir ses exigences à la hausse.

www.processalimentaire.com

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